




Très beau livre de Ghérasim Luca (1913-1994), avec des dessins poèmes. Je parlerai davantage du poète très vite.
José Corti
ISBN 2 7143 0594 6
chaque jour, un nouveau livre, une présentation, comme une introduction à la lecture






« La valise
Ma valise m’accompagne au massig de la Vanoise. Et déjà ses nickels brillent et son cuir épais embaume. Je l’empaume, je lui flatte le dos, l’encolure et le plat. Car ce coffre comme un livre plein de trésor de plis blancs : ma vêture singulière, ma lecture familière et mon plus simple attirail, ou, ce coffre comme un livre est aussi comme un cheval, fidèle contre mes jambes, que je selle, je harnache, pose sur un petit banc, selle et bride, bride et sangle ou dessangle dans la chambre de l’hôtel proverbial.
Oui, au voyageur moderne sa valise en somme reste comme un reste de cheval. »
ISBN 2 07 031873 7

« Je ne sais pourquoi je souhaiterais que l’omme, au lieu de ces énormes monuments qui ne témoignent que de la disproportion grotesque de son imagintation et de son corps ( ou alors de ses ignobles moeurs sociales, compagniales), au lieu encore de ces statues à son échelle ou légèrement plus grandes ( je pense à David de Michel-Ange) qui n’en sont que de simples représentations, sculpte des espèces de iches, de coquilles à sa taille, des choses très différentes de sa forme de mollusque mais cependant y proportionnées ( les cahutes nègres me satisfont assez de ce point d evue), que l’homme mette son soin à se créer aux générations une demeure pas beaucoup plus grosse que son corps, que toutes ses imaginations, ses raisons soient là comprises, qu’il emploie son génie à l’ajustement, non à la disproportion, - ou, tout au moins, que le génie se reconnaisse les bornes du corps qui le supporte. »
ISBN 2 07 030223 7

J’ai acheté ce livre à la suite d’une lecture que le poète belge Jean-Pierre Verheggen et Jacques Bonnaffé avaient réalisé à la librairie du centre Wallonie Bruxelles. Ce fût déjà un grand moment de les écouter. C’en est un autre que de le lire.
Sodome et grammaire est caustique, manipule la langue, la retourne. Le « vieux poète » ne se laisse pas avoir par les rappeurs, les slameurs, loin de la poésie.
« Rappeurs, slameurs, encore un effort pour être poètes !
C’est d’autant plus vrai que personne ne cherche à vous en empêcher ! Au contraire ! Parlez ! Parlez même d’abondance ! Chattez, salmez, tchatchez, rappez en cadence, breakez en transe – que sais-je ? – exprimez vos différences ! Y compris celles qu’il y a entre ces différents genres !
(...)
Parlez verlan si ça vous chante mais parlez verlan comme l’aurait fait Paul Verlaine en son temps, parlez-en en poètes, parlez en Paul verlan tant qu’à faire ! Crezusez-vous la tête ! «Écrivez ! Insistez ! Récrivez ! Bossez d’arrache-vers et d’arrache-pied tout en faisant de la langue un travail et une fête ! Tout en exubérance autant qu’en patience ! (...) »
Ce texte, sorte de rebellion contre la mauvaise poésie que l’on nous impose quotidiennenent vient ponctuer un livre de poèmes tout aussi beaux et forts les uns que les autres. Des poèmes où l’on n’oublie pas de rire, où le sérieux est à la poubelle. Rien qu’à regarder leurs titres, nous avons déjà un échantillon de ce qu’il va nous attendre à la lecture : « Poème légèrement rayé, Poème pour finir en enfer, Poème pour les fêtes de fin d’année, Poème qui a beaucoup trop bu, Poème pour Par Contre, Poème très peu catholique, Poème pour rappeler que la Peinture est souvent mal vue.. »
Janvier 2008
ISBN 978 2 07 011980 6

Henri Chopin (1922-2008) fait parti de ces pionniers de la poésie sonore, fondateur de la magnifique revue Ou. Ici, il nous un texte fabuleux, de 2004, ne mâchant pas ses mots, il met les points sur les i. Ce livre pourrait être considéré comme un manifeste, tan il livre, à sa manière, son regard sur la poésie, sur l’art, sur la vie. Ce livre est comme un exposé de sa vie, faisant par de ses différenciations avec des poètes tel Heidsieck, ou des mouvements comme le Lettrisme.
Extraits :
« Plus j’avance en âge, plus je suis convaincu que nous pouvons commencer à trouver quelques valeurs à la vie, mais en triant la vie elle-même à chercher, pour un peu savoir ce qu’elle porte et ce qu’elle émet. »
« Je liais ma vie entière à la poésie, et la poésie à ma vie, et les deux sont une part entière, et je la conduis comme elle me conduit... »
« Car je vois dans l’art de la poésie, bien au contraire le sens de la mesure et comme premier exemple, le sens de l’équilibre. »
Le corridor bleu, 2004
25, rue Jacques Louvel-Tessier
75010 Paris
ISBN 2-914033-16-8
