mercredi 10 février 2010

Jean Dubuffet, Bâtons rompus



Ce livre d’entretiens est particulier. Basé sur de véritables entretiens que Jean Dubuffet (1901- 1985) a eu avec Marcel Péju au cours de l’année 1976, l’artiste a préféré s’en inspirer pour rédiger lui-même le tout. On retrouve une verve mordante que l’on pouvait déjà lire dans Asphyxiante culture. Ce livre est d’une importance colossale, comme une leçon de vie, sur l’art, et la création.

Extraits :

« J’estime que les notions de gaieté et de tristesse appartienent à un plan qui n’est pas celui de l’art. L’art commence là où ces notions ont perdu leur sens. »

« Je crois très important pour un artiste qu’il s’exerce à aligner sa pensée sur ce qu’il a fait, au lieu de s’entêter à aligner son ouvrage sur ce qu’il a en pensée. »

« La reproduction à l’identique des aspects qu’offre le monde physique ne m’apparaît pas une opération bien intéressante ni bien profitable. »

« Il me semble que la fonction de l’artiste est de faire face au monde et par conséquent ne cesser de le contester. »

« La vraie création ne prend pas souci d’être ou de n’être pas de l’art. »

« Je dirais de l’art qu’il est une pratique d’invetion de réalités de rechange, autres que la réalité instituée conventionnellement. Cette dernière est une prothèse à l’usage social. L’art est une pratique d’invention de nouvelles prothèses de réalité, à usage personnel. »

Les éditions de Minuit

2004

ISBN 2 7073 1085 9

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